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Kenzy Amellal & Romancia Prod, quand le clip prolonge la musique

Mael Poncy
14 oct.
4 min de lecture

Découvrir les nouveaux clips permet de mieux comprendre la direction artistique choisie autour d’un morceau ou d’un projet. L’image donne aussi une nouvelle dimension à la musique et aide le public à entrer dans l’univers de l’artiste.


Aujourd’hui, nous avons eu la chance d’échanger avec deux réalisateurs aux approches différentes, mais réunis par une même réflexion autour de l’image et du clip.


Photo de profil Instagram
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Kenzy Amellal, réalisateur ayant récemment signé plusieurs clips aux côtés de Leto et Tiakola et qui utilise l’iPhone comme outil de travail.






Photo de profil Instagram
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Romancia Prod, réalisateur parisien qui travaille régulièrement avec des artistes de la scène rap et qui est auteur d’une grande partie des derniers visuels de Tiakola.




Un morceau peut aujourd’hui arriver au public avant même d’avoir été écouté en entier. Quelques secondes sur TikTok suffisent parfois, un leak ou un extrait. Cette nouvelle manière de découvrir la musique a changé la place de l’image. Le clip ne vient plus seulement accompagner un morceau. Il participe directement à la manière dont il est reçu.









Le visuel est donc devenu presque indissociable d’un art pourtant avant tout auditif.










Malgré la domination du streaming, l’image musicale conserve donc une place importante.

Pour Romancia Prod, cette évolution est déjà installée.

« Pour moi, aujourd’hui, l’image fait vraiment partie intégrante d’un morceau. C’est parfois même la première porte d’entrée vers la musique. »


Kenzy Amellal partage cette idée, mais insiste davantage sur tout ce qui entoure l’artiste.

« On est dans une ère où le style, l’environnement et l’image d’un artiste sont essentiels pour comprendre ses thèmes et ce à quoi on peut l’identifier. Les clips vidéo sont, selon moi, sont l’un des meilleurs moyens de répondre à ça. »







Cette porte d’entrée a évolué. Un morceau peut être découvert en quelques secondes sur les réseaux, puis prolongé par un visualizer, un clip ou une playlist.











L’image peut donc directement conduire vers l’écoute.


Cette évolution explique aussi pourquoi la vidéo musicale ne se limite plus au clip traditionnel.

Visualizers, teasers et makings-off accompagnent désormais une sortie.

Le clip garde une place à part. Il installe une ambiance et prolonge l’univers de l’artiste.


Romancia Prod le voit justement comme une prolongation de la musique.

« Un bon clip ou un bon visualizer peut permettre de prolonger l’univers d’un son et de lui donner une autre dimension. L’objectif, ce n’est pas forcément d’avoir une énorme production à chaque fois, mais surtout d’avoir une image cohérente avec ce que l’artiste veut transmettre. Même quelque chose de très simple peut être fort si la direction est juste. »


Kenzy Amellal va dans le même sens lorsqu’il parle d’un projet dans son ensemble.

« Je pense qu’un clip, ou même un album accompagné d’images que ce soit à travers des clips, une cover ou des publications plus subtiles sur les réseaux sociaux permet de révéler les intentions de l’artiste derrière son projet, quel qu’il soit. »


Cette idée remet aussi en question l’association entre clip marquant et gros budget.


Certaines productions restent impressionnantes par leurs moyens.


PNL, « Au DD », réalisation QLF, QLF Records.
PNL, « Au DD », réalisation QLF, QLF Records.

PNL avait par exemple tourné une partie de Au DD au sommet de la Tour Eiffel.


À l’inverse, une idée plus simple peut rester dans les mémoires.


Médine, « Grand Paris », réalisation Mallory Meignant.
Médine, « Grand Paris », réalisation Mallory Meignant.

Le parking des Arcades dans Grand Paris ou le plan séquence de Basique d’Orelsan montrent qu’un décor ou une manière de filmer peuvent parfois suffire à créer une image immédiatement reconnaissable.


Romancia Prod insiste sur la recherche d’identité.

« Aujourd’hui, on voit énormément d’images tous les jours, donc faire quelque chose de simplement “beau”, ça ne suffit plus forcément. Ce qui reste, c’est une ambiance, une idée, une scène ou même parfois un seul plan qu’on associe directement au morceau. »


Kenzy Amellal met davantage l’accent sur la surprise.

« Les couleurs, la nouveauté et l’authenticité de l’œuvre sont tout aussi importantes. Selon moi, ce qui suscite l’intérêt du public pour un clip, c’est la surprise. »


Post Instagram de Kenzy Amellal
Post Instagram de Kenzy Amellal


Son utilisation régulière de l’iPhone, comme pour une récente campagne Nike x Kylian Mbappé réalisée avec YARD, illustre cette approche. Un choix qui vient d’abord d’un manque de moyens.


« L’iPhone n’a jamais été mon idée initiale. J’ai commencé à filmer avec parce que je manquais de moyens à une certaine période de ma vie, puis j’ai simplement suivi le cours des choses. »






Une contrainte devenue sa manière de travailler.


Pour lui, l’efficacité et la spontanéité comptent davantage que le matériel utilisé.

« Quand je filme, je n’ai pas l’impression de travailler. »


Cette recherche d’identité prend encore plus d’importance lorsqu’un réalisateur accompagne le même artiste sur plusieurs clips.


Romancia Prod cherche alors à maintenir une continuité entre les morceaux.

« L’idée était surtout de proposer des images qui restent cohérentes avec l’univers de chaque morceau tout en gardant une certaine continuité sur l’ensemble. »

à propos de sa collaboration avec Tiakola sur WpointM.


Kenzy Amellal insiste de son côté sur la relation avec l’artiste.

« Je pense qu’il est important, lorsqu’on travaille avec un artiste, de comprendre ses idées et même, parfois, ses désirs. Il faut partir de sa vision, de sa base à lui, puis trouver un terrain d’entente entre ses idées et les nôtres. »


Kenzy Amellal sur le clip de "Winter Melo Music" de Tiakola et Leto.
Kenzy Amellal sur le clip de "Winter Melo Music" de Tiakola et Leto.

Le clip reste donc un travail collectif. Cette proximité entre l’artiste et le réalisateur permet de construire un univers plus cohérent et de mieux traduire la musique en images.


« Dans ce genre de projet, l’humain a aussi une place importante. La connexion entre l’artiste, son équipe et le réalisateur est indispensable pour exploiter au mieux les visions de chacun. »






Romancia Prod résume finalement cette relation entre musique et image.

« Pour moi, le son et l’image peuvent vraiment fonctionner ensemble sans que l’un prenne forcément le dessus sur l’autre. »


Romancia Prod et Kenzy Amellal ont des approches différentes.

L’un privilégie la cohérence et la continuité, l’autre la surprise et la spontanéité.


Mais leur objectif reste proche. Ils cherchent à traduire l’univers de l’artiste en images et à créer un visuel capable de rester associé à sa musique.


Un grand merci à Kenzy Amellal et à Romancia Prod d’avoir répondu à mes questions et d’avoir partagé leur vision du clip et de l’image dans la musique. https://www.instagram.com/kenzy.amellal

https://www.instagram.com/romancia.prod Mael PONCY pour RapMinute.




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